Comment réussir sa PASS ou sa LAS en première année de médecine
Valider ne suffit pas, il faut se classer. Ce guide reprend ce que la recherche sur la mémoire dit de la façon d'apprendre et l'applique à la première année de santé : organisation dès septembre, entraînement aux QCM, place de la mineure, choix de la prépa, et ce que la réforme de 2027 change (ou pas) pour toi.
Publié le 22 septembre 2026

Septembre en première année de santé : l'amphi est plein, les polycopiés s'empilent et tout le monde répète que peu d'étudiants passeront. Si tu cherches comment réussir ta PASS, tu as sans doute déjà lu les listes de conseils des prépas. Ce guide part d'ailleurs : de ce que la recherche sur la mémoire dit de la façon d'apprendre, et de la manière de l'appliquer à une année où tout se joue au classement.
Un mot sur le vocabulaire. La PACES a disparu en 2020, remplacée par le PASS (parcours d'accès spécifique santé) et la LAS (licence accès santé). Beaucoup parlent encore du « concours de médecine » ou de « réussir sa PACES », et sur le fond, la méthode pour réussir sa première année de médecine n'a pas changé. Les règles, elles, ont bougé, et elles vont bouger encore en 2027.
PASS, LAS, ex-PACES : comment fonctionne la première année en 2026
En PASS, tu suis une majeure santé (l'essentiel du volume horaire et des crédits) et une mineure dans une autre discipline : droit, biologie, psychologie, STAPS, selon ce que propose ta fac. En LAS, c'est l'inverse : tu es inscrit dans une licence classique et tu suis en plus une option santé.
Dans les deux cas, la logique est la même. Il faut d'abord valider ton année, c'est-à-dire obtenir tes 60 crédits, avec le plus souvent une moyenne d'au moins 10 dans chaque bloc. Ensuite seulement, ton classement décide de ton accès aux filières MMOPK (médecine, maïeutique, odontologie, pharmacie, kinésithérapie). Les mieux classés sont admis directement. Une seconde partie des candidats passe des épreuves orales ou rédactionnelles avant la décision finale.
Tu as deux chances au total pour candidater, et le PASS ne se redouble pas. Si tu valides ton PASS sans être admis, tu peux poursuivre en deuxième année de licence (LAS 2) dans la discipline de ta mineure et retenter ta chance. Chaque fac applique ces principes avec ses propres modalités : coefficients, nombre de places, déroulé des oraux. Lis le règlement des études de ta faculté en septembre. En mai, il sera trop tard pour en tenir compte.
La réforme de 2027 te concerne-t-elle ?
Si tu entres en première année à la rentrée 2026, non : le PASS et la LAS s'appliquent normalement. Le gouvernement a officialisé en avril 2026 la fin de ce système à partir de la rentrée 2027, remplacé par une voie unique nationale sur Parcoursup, organisée en trois blocs (santé, disciplinaire, compétences transversales). Le classement y portera sur l'ensemble du parcours académique plutôt que sur une seule série d'examens. Les doyens ont demandé un report à 2028, le gouvernement maintient pour l'instant 2027. Une exception existe déjà : l'UVSQ a remplacé son PASS par une licence unique dès 2026.
Si tu utilises ta seconde chance en 2027-2028, les modalités de transition dépendront des textes d'application. Surveille les annonces de ta fac. La méthode de travail décrite ici, elle, ne dépend d'aucune réforme : la mémoire humaine ne change pas au rythme des arrêtés ministériels.
Ce qui fait réussir : le classement, pas la moyenne
Valider ton année est un seuil. Être admis, c'est une question de rang. Avec 13 de moyenne, tu peux être dans les premiers d'une promo et hors du numerus apertus dans une autre. Seule ta position par rapport aux autres compte.
Pour ta façon de travailler, ça change tout : chaque point gagné compte autant, qu'il vienne d'une UE où tu excelles ou d'une matière que tu détestes. Le point gratuit perdu en histologie parce que tu as négligé un chapitre facile coûte autant de places que le point arraché en biophysique après trois soirées de galère.
Quelle moyenne pour réussir la PASS ?
Il n'existe pas de chiffre universel. Le seuil de validation est presque toujours de 10, mais la note qui permet d'être admis dépend du nombre de places dans ta fac, du niveau de ta promotion et de la filière visée : médecine et kiné sont en général plus sélectives que maïeutique ou pharmacie. Pour te faire une idée réaliste, demande au tutorat de ta fac les classements des années précédentes. C'est la seule donnée fiable.
S'organiser dès septembre
La règle qui a le plus d'impact tient en une phrase : un cours se traite le jour même, ou au plus tard le lendemain. Traiter, ça veut dire le relire une fois pour le comprendre, repérer ce qui ressemble à une question d'examen et noter ce qui reste flou pour le poser au tutorat. Un cours laissé trois semaines devient un bloc qu'on n'ose plus ouvrir.

Une semaine type qui tient la distance ressemble souvent à ça :
le matin, les cours en amphi ou en vidéo ;
l'après-midi, le traitement des cours du jour et les questions du tutorat ;
en fin de journée, une session courte de révision sur les notions dues ;
une demi-journée sans rien, chaque semaine, sans négocier.
Sur les fiches, fais attention. Recopier son cours en plus joli donne l'impression de travailler, mais c'est une des méthodes les moins efficaces qui existent. Si tu fais des fiches, fais-les courtes et centrées sur ce qui se confond facilement : les chiffres, les exceptions, les listes de molécules. Le plus rentable reste de transformer directement ton cours en questions. Le temps passé à surligner est du temps que tu ne passes pas à te tester.
Pour le lieu, BU ou chambre, peu importe. Choisis l'endroit où tu tiens quatre heures sans ouvrir ton téléphone, et garde-le.
Apprendre efficacement : ce que dit la science de la mémoire
C'est ici que la plupart des étudiants perdent le plus d'heures, parce qu'ils travaillent beaucoup avec des méthodes qui retiennent peu.
La courbe de l'oubli
En 1885, le psychologue Hermann Ebbinghaus a mesuré sur lui-même la vitesse à laquelle on oublie une information apprise. La perte est rapide les premiers jours, puis ralentit. Chaque révision faite au bon moment aplatit la courbe : l'information tient plus longtemps avant la révision suivante. En PASS, avec des milliers de notions à garder jusqu'aux partiels, c'est le cœur du problème.
Se tester plutôt que relire
En 2006, les chercheurs Henry Roediger et Jeffrey Karpicke ont comparé deux groupes d'étudiants. Le premier relisait un texte plusieurs fois, le second le lisait une fois puis se testait. Une semaine plus tard, le groupe qui s'était testé retenait nettement plus. Les étudiants qui avaient relu, eux, pensaient mieux maîtriser le texte. C'est ce qu'on appelle l'effet de test : chercher une réponse dans sa mémoire renforce bien plus le souvenir que de la relire.
En 2013, une revue de John Dunlosky et de ses collègues a évalué dix techniques d'apprentissage courantes. Deux seulement ont obtenu la note d'utilité la plus élevée : l'auto-test et la pratique espacée. Le surlignage et la relecture sont arrivés en bas du classement.
La répétition espacée en pratique
Le principe consiste à revoir une notion juste avant de l'oublier, avec des intervalles qui s'allongent à chaque réussite : le lendemain, puis trois jours après, puis une semaine, puis un mois. Revoir un cours que tu sais encore parfaitement ne sert presque à rien. Le revoir au moment où il commence à s'effacer vaut plusieurs relectures.
À la main, calculer ces intervalles pour des milliers de questions est impossible. C'est pour ça que des outils comme Anki existent, et c'est le principe de Major Med pour la première année de médecine : tu déposes ton cours, la plateforme en tire des QCM à cinq propositions, et l'algorithme FSRS te les repropose au moment où tu es sur le point de les oublier. Vingt minutes par jour sur les cartes dues laissent plus de traces que trois heures de relecture le dimanche.

Comprendre avant de mémoriser
La répétition espacée ne remplace pas la compréhension. En biochimie ou en physiologie, une notion comprise se retient avec beaucoup moins d'effort qu'une phrase apprise par cœur. En anatomie, à l'inverse, une grande part relève de la mémorisation pure. Adapte ton dosage à chaque UE.
S'entraîner aux épreuves
Le jour du partiel, on te demande de répondre à des QCM à cinq propositions et à réponses multiples, en temps limité, avec le stress. Ça s'entraîne à part.
Les annales de ta fac sont ta meilleure ressource, car les enseignants se répètent souvent d'une année à l'autre. Le tutorat en a généralement un stock complet, avec des corrections. Fais-les d'abord par chapitre, au fil de l'année, puis en conditions réelles à l'approche des partiels.
Les pièges classiques reviennent tout le temps : les négations cachées, les mots absolus comme « toujours » ou « jamais », les unités modifiées, les propositions vraies mais hors sujet. Tiens un carnet d'erreurs où tu notes chaque piège dans lequel tu tombes. Relis-le avant chaque examen blanc.
Entraîne-toi aussi à gérer le temps. Une épreuve où tu connais tout mais où tu finis en retard coûte autant de points qu'une impasse. Les simulations chronométrées, que ce soit avec le tutorat, les annales ou la simulation chronométrée de Major Med, t'habituent au rythme avant le jour J.
Si tu risques de passer par les épreuves de second groupe, ne découvre pas leur format en juin. Renseigne-toi dès le premier semestre sur ce que ta fac attend à l'oral.

La mineure et la LAS : les points qu'on sous-estime
En PASS, la mineure pèse peu dans les crédits, et beaucoup d'étudiants la sacrifient. C'est une erreur coûteuse : si tu ne la valides pas, tu ne valides pas ton année, et ton classement en santé ne compte plus. Et c'est dans la discipline de ta mineure que tu poursuivras si tu utilises ta seconde chance. Donne-lui un créneau fixe chaque semaine.
En LAS, c'est la licence qui passe en premier. L'option santé représente un volume plus faible, mais c'est elle qui départage les candidats. Il faut donc viser un bon niveau partout.
Tenir mentalement sur toute l'année
La première année de santé dure environ neuf mois. Ceux qui craquent en mars sont souvent partis trop vite en septembre.
Le cerveau consolide pendant le sommeil ce que tu as appris dans la journée. Une nuit blanche avant un partiel est un mauvais calcul. Le sport, deux ou trois fois par semaine, aide à gérer le stress et à dormir. Garde aussi une ou deux personnes avec qui parler d'autre chose que de médecine.
Méfie-toi de la comparaison permanente. Sur les groupes de promo, quelqu'un aura toujours « déjà fini le programme ». Ton seul indicateur utile, c'est ta progression sur les QCM et les classements des examens blancs.
Si la fatigue devient de l'épuisement, si tu n'arrives plus à dormir ou à manger normalement, parles-en. Le service de santé universitaire de ta fac propose des consultations gratuites, et le tutorat a souvent un pôle bien-être.
Prépa privée ou pas ?
Dans la plupart des facultés, le tutorat est gratuit. Il est animé par des étudiants de deuxième ou troisième année qui ont réussi, et propose des sujets, des corrections et un rythme de colles. Une prépa privée coûte plusieurs milliers d'euros pour l'année. Elle apporte un cadre plus serré et un suivi plus individuel.
Une prépa est utile si tu as besoin d'un cadre extérieur pour travailler régulièrement. Elle l'est beaucoup moins si elle ne fait que doubler ce que propose déjà ton tutorat. Beaucoup d'étudiants réussissent sans prépa, à condition de s'organiser seuls. Pour comparer les options, nous avons détaillé le sujet dans notre page sur la prépa médecine.
Par où commencer cette semaine
Télécharge le règlement des études de ta fac et note le nombre de places par filière.
Traite chaque cours du jour avant d'aller dormir.
Remplace une heure de relecture par une heure de QCM.
Bloque ta demi-journée de repos dans ton agenda.
Questions fréquentes
Combien d'heures par jour faut-il travailler en PASS ?
Il n'existe pas de chiffre magique. Beaucoup d'étudiants admis travaillent entre huit et dix heures par jour cours compris, avec une coupure hebdomadaire. Ce qui compte, c'est la qualité des heures : une heure de QCM vaut plus qu'une heure de relecture.
Peut-on réussir la PASS sans prépa ?
Oui. Le tutorat de ta fac, les annales et une méthode fondée sur l'auto-test et la répétition espacée couvrent l'essentiel de ce qu'apporte une prépa. La difficulté principale, c'est de tenir un rythme régulier seul.
Peut-on redoubler la PASS ?
Non. Si tu valides ton PASS sans être admis, tu poursuis en LAS 2 dans ta mineure et tu peux candidater une seconde fois. Si tu ne le valides pas, tu dois te réorienter. Les règles de décompte des chances ont des subtilités : vérifie ta situation auprès de la scolarité.
Que faire si on rate sa première année de médecine ?
Si tu as validé ton année, la seconde chance en LAS existe pour ça, et d'autres voies mènent aux métiers de santé : licences paramédicales, passerelles après une licence ou un master. Prends le temps d'analyser ce qui n'a pas marché dans ta méthode avant de repartir.
Réussir sa PACES et réussir sa PASS, c'est la même chose ?
Sur la méthode, oui : on apprend de la même façon. Sur les règles, non : la PACES reposait sur un concours unique avec redoublement possible, alors que le PASS repose sur la validation d'une année puis un classement, sans redoublement.

